Mémoire
La mémoire juive marocaine, au Royaume et dans le monde
La Constitution de 2011 nomme l’affluent hébraïque de l’identité marocaine. La communauté est petite au pays, immense dans la diaspora, et elle reste marocaine.
Un Maroc assez sûr de lui pour garder ses juifs dans son récit.
Le préambule de la Constitution de 2011 le dit sans détour : l’unité du Royaume se nourrit d’affluents arabo-islamique, amazigh, saharo-hassani, et aussi d’affluents africains, andalous, hébraïques et méditerranéens. La phrase est juridique. Elle est aussi une fierté.
Les juifs du Maroc sont là depuis des siècles : mellahs, synagogues, saints, langues, chansons, cuisines. Une grande part de la communauté a quitté le pays au XXe siècle, vers Israël, la France, le Canada, les Amériques. Elle n’a pas cessé d’être marocaine pour autant. Les hiloulot, les pèlerinages, les noms de famille, les accents le rappellent chaque année.
Sous Mohammed VI, des lieux ont été relevés : cimetières restaurés, synagogues rouvertes, et Bayt Dakira, la maison de la mémoire, inaugurée à Essaouira en 2020. Ce n’est pas un folklore pour visiteurs. C’est une manière de dire que le pays ne se raconte pas en amputant une de ses familles.
Dans cette maison, la communauté juive marocaine n’est pas un dossier à part. Elle est une des raisons d’être fier : un Maroc assez sûr de lui pour garder ses juifs dans son récit, au pays et partout où ils vivent.
Repère. Constitution du 1er juillet 2011, préambule ; inauguration de Bayt Dakira à Essaouira, 2020.