Sahara
6 novembre 1975 : la Marche verte
Sur l’appel de Hassan II, des centaines de milliers de Marocains entrent pacifiquement dans le Sahara. La date est encore un rendez-vous national.
Un peuple qui rend visible un lien revendiqué bien avant la colonisation.
Le 6 novembre 1975, le roi Hassan II lance la Marche verte. Environ 350 000 Marocains franchissent, Coran en main, la limite du Sahara alors administré par l’Espagne. Le geste est pensé comme un acte massif et pacifique.
Le 14 novembre 1975, les accords de Madrid organisent le retrait espagnol. L’Espagne quitte le territoire dans les mois qui suivent. Pour les Marocains, la marche n’est pas une page de manuel : c’est le jour où un peuple a rendu visible un lien revendiqué bien avant la colonisation.
Ce lien, le Royaume le fait remonter aux allégeances des tribus sahariennes envers les sultans. L’avis consultatif de la Cour internationale de justice, le 16 octobre 1975, a reconnu des liens juridiques d’allégeance entre le sultan et certaines tribus, et a aussi rappelé le principe d’autodétermination. Le Maroc a lu dans ces liens le fondement historique de sa souveraineté. La Marche verte a été sa réponse politique.
Cinquante ans plus tard, le 6 novembre reste le calendrier de cette mémoire. Les résolutions changent. Le geste, lui, explique pourquoi le dossier n’est pas, vu du Royaume, une question étrangère.
Repère. Marche verte, 6 novembre 1975 ; accords de Madrid, 14 novembre 1975 ; avis de la CIJ, 16 octobre 1975.